Cette interview met en lumière la personnalité complexe et passionnée d'Alain Delon, abordant divers aspects de sa carrière et de ses opinions. L'acteur se montre particulièrement touché par les compliments qui lui sont adressés sur ses rôles marquants, notamment dans Un amour de Swann et Trois hommes à abattre. Il évoque son rythme de vie effréné, qu'il considère naturel plutôt que précipité, et insiste sur l'importance de choisir des projets qui le passionnent. Delon affirme que la chance se provoque et se saisit, ce qui lui a permis d'explorer diverses activités en parallèle au cinéma. Il se décrit comme un acteur foncièrement investi, vivant pleinement ses rôles, et rejette toute idée de mégalomanie, préférant travailler avec des partenaires de talent plutôt que de chercher à briller seul à l'écran. L'entretien aborde ensuite Notre histoire, film réalisé par Bertrand Blier, que Delon défend avec ferveur. Il critique vivement son exclusion du Festival de Cannes, y voyant une décision injuste et arbitraire, et exprime sans détour sa colère envers le comité de sélection. Il insiste sur l'importance du cinéma d’auteur et du festival comme vitrine pour ce type d'œuvres. Plus largement, Delon revient sur sa vision du cinéma européen, dénonçant le protectionnisme américain qui limite la diffusion des films européens aux États-Unis. Il se positionne aussi comme un homme d'affaires rigoureux, dirigeant ses projets avec discipline et entouré de collaborateurs triés sur le volet. Sa gestion minutieuse et son implication personnelle dans ses activités hors cinéma révèlent un homme méticuleux et exigeant. L’entretien prend ensuite une tournure plus politique. Delon, gaulliste convaincu, exprime son malaise face au gouvernement socialiste en place et critique l'absence de leadership dans l’opposition. Il se montre préoccupé par la sécurité et la situation économique du pays, tout en reconnaissant l'attrait de certaines idées de Jean-Marie Le Pen, notamment sur l’immigration et la protection des intérêts français. Son analyse sur l’insécurité et les tensions sociales traduit une vision sombre de la société, qu’il explique par la montée du chômage et des inégalités. Delon déplore également l’incapacité des dirigeants politiques à trouver des solutions efficaces et exprime son désarroi face au manque d’hommes d’État capables d’incarner une vision forte pour l’avenir du pays. Enfin, il se confie sur sa solitude et son rapport à la nostalgie, affirmant que le pouvoir et la gloire isolent inévitablement. Malgré son statut d’icône, il se décrit comme un solitaire, sujet à des périodes de mélancolie profonde. Il admet que son hypersensibilité le pousse aux extrêmes, oscillant entre exaltation et abattement. Son admiration pour De Gaulle transparaît jusqu’à la fin de l’entretien, lorsqu’il cite une phrase du général sur « l’insignifiance des choses », révélant son désir d’atteindre une certaine sérénité face aux tourments de l’existence. Cet échange intense et sans filtre illustre un Delon entier, à la fois passionné, engagé et profondément humain.
Monday, February 3, 2025
Alain
Saturday, February 1, 2025
Fanny Ardant LAPIEZA 1973
Après des études en sciences politiques, elle se tourne vers le théâtre, puis se fait remarquer à la télévision dans Les Dames de la côte (1979). Son ascension fulgurante commence lorsqu’elle rencontre François Truffaut, qui lui offre son premier grand rôle dans La Femme d’à côté (1981) aux côtés de Gérard Depardieu. Leur relation dépasse le cadre du cinéma : ils vivent une intense histoire d’amour jusqu’au décès du cinéaste en 1984. Ardant s’impose comme une actrice incontournable, enchaînant des collaborations avec Resnais, Scola, Téchiné et Garrel. Son jeu oscille entre élégance et passion, et elle excelle dans les rôles de femmes fortes, mélancoliques ou tragiques. Dans les années 2000, elle diversifie ses choix, travaillant avec des cinéastes comme François Ozon (8 femmes, 2002) et Paolo Sorrentino (Il Divo, 2008). Elle passe également derrière la caméra avec Cendres et sang (2009), affirmant son talent de réalisatrice. Si plusieurs de ses performances restent mémorables, son rôle le plus emblématique demeure La Femme d’à côté (1981). Son duo avec Gérard Depardieu, dans ce drame amoureux intense, est une leçon de cinéma. Ardant y incarne une femme consumée par la passion et la jalousie, oscillant entre force et vulnérabilité. Son regard ardent et sa diction impeccable donnent au film une tension inoubliable. Ce rôle a non seulement marqué sa carrière mais a aussi scellé son statut d’icône du cinéma français.
Isabelle Huppert LAPIEZA 1975
La Cérémonie de Claude Chabrol explore les tensions entre classes sociales à travers la relation entre une famille bourgeoise, leur bonne analphabète (Sophie) et une postière rebelle (Jeanne). Interprétée par Isabelle Huppert, Jeanne se montre de plus en plus agressive envers cette famille, non par simple jalousie de leur richesse, mais à cause de leur bonheur apparent, perçu comme inaccessible. Cette frustration alimente une rébellion grandissante et une complicité avec Sophie, les deux femmes étant des victimes d’un système qui les exclut. Leur isolement renforce leur radicalisation et leur passage à l’acte Chabrol va au-delà de la lutte des classes en montrant une société où les différentes strates ne se parlent même plus, avançant "dos à dos". Il met en lumière une fracture sociale qui s’élargit dangereusement, menaçant d’exploser en violences imprévisibles. L’analphabétisme de Sophie symbolise cette incapacité à communiquer, et son alliance avec Jeanne crée un être hybride et dangereux. Le film, plus amoral qu’immoral, brouille les frontières entre bien et mal : les actes des protagonistes peuvent être perçus comme révoltants, mais aussi compréhensibles. Pour Chabrol, si le spectateur parvient à saisir les motivations de ces personnages, alors tout n’est pas perdu.
Jean Paul Belmondo LAPIEZA 1970
Jean-Paul Belmondo, invité de cette émission, évoque avec enthousiasme ses récents films et ses projets à venir. Il parle notamment de La Scoumoune, un film d’aventure dans lequel il incarne un personnage apportant la malchance à ses adversaires. Il y partage l'affiche avec Michel Constantin, avec qui il a déjà tourné et qu'il considère comme un excellent partenaire. Il revient aussi sur son rôle dans Docteur Popaul de Claude Chabrol, un film au ton très différent, plus burlesque, qu’il a particulièrement apprécié. Belmondo aborde ensuite sa passion pour le sport et notamment la boxe, qu’il considère comme un sport populaire, regrettant que les prix des places soient devenus inaccessibles pour beaucoup. Il mentionne aussi son passage marquant à la télévision dans Les Trois Mousquetaires, une expérience unique qu’il n’a pas renouvelée. Enfin, il annonce ses prochains projets, dont L’Héritier réalisé par Philippe Labro, où il incarne un personnage différent de ceux qu’il a joués récemment. Il conclut en révélant qu’il retrouvera bientôt son complice Philippe de Broca pour un nouveau film, une nouvelle qui ravira ses admirateurs.