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Friday, February 7, 2025

STENGERS




 


L'échange met en avant une réflexion approfondie sur l'époque actuelle, marquée par une transition incertaine entre modernité et postmodernité, avec des crises multiples (sociales, écologiques, politiques). Isabelle Stengers insiste sur la destruction du sens commun sous l'effet du néolibéralisme et du scientisme autoritaire, prônant une réhabilitation des savoirs vernaculaires et une écologie des pratiques. Laurent Jean-Pierre, quant à lui, explore la reterritorialisation de la politique, illustrée par des mouvements comme les Gilets jaunes ou les ZAD, insistant sur la nécessité d’un ancrage concret pour une transformation sociale. La question de l’utopie est abordée de manière critique : Stengers et Jean-Pierre rejettent l’utopie comme un modèle figé et idéaliste, lui préférant des "utopies réelles", c’est-à-dire des expérimentations concrètes ancrées dans le présent. L’utopie, dans son acception classique, est vue comme un piège idéologique, alors que la science-fiction et la rêverie diurne sont perçues comme des outils plus féconds pour imaginer d’autres mondes possibles. Ils mettent aussi en garde contre les utopies construites par les entreprises et l’État, qui reproduisent souvent des logiques de domination. L’urgence écologique est examinée sous l’angle du "temps de la fin" plutôt que de la "fin des temps", afin d’éviter un discours apocalyptique qui risquerait de paralyser l’action politique. Stengers insiste sur le fait que l’intrusion de Gaïa ne doit pas être sacralisée, mais pensée comme un défi à relever collectivement. Jean-Pierre souligne l’importance d’observer comment les croyances eschatologiques peuvent parfois générer des mobilisations transformatrices. Enfin, la discussion se termine sur les tensions internes aux luttes alternatives, notamment dans les ZAD, où des contradictions et des conflits émergent, nécessitant des formes de régulation nouvelles.

BRUNO





Bruno Latour (1947-2022) était un philosophe, sociologue et anthropologue français, largement reconnu pour ses travaux innovants sur les sciences et la technologie. Sa pensée se caractérise par une remise en question des visions traditionnelles du savoir et de la science. Dans son ouvrage majeur La science en action (1987), il met en lumière le processus social de la production scientifique, défendant l’idée que la science n’est pas un simple reflet objectif de la réalité, mais un produit de négociations et de controverses sociales. Il introduit ainsi la notion d’« acteur-réseau », selon laquelle la science, tout comme la société, se compose de réseaux d'acteurs humains et non humains (technologies, objets, instruments). Latour critique également le dualisme entre nature et société, une dichotomie traditionnelle dans les sciences humaines et sociales. Il propose une approche plus intégrée et fluide des relations entre les humains et leur environnement, notamment dans ses travaux sur l’écologie. Dans Nous n’avons jamais été modernes (1991), il soutient que la modernité n’est qu’une illusion construite par l’humanité pour se distinguer de la nature et des objets techniques. Pour Latour, la modernité est un processus de disjonction entre nature et culture, un phénomène qu’il cherche à déconstruire. Son influence ne se limite pas à la philosophie et à la sociologie, elle s'étend également à des domaines comme l’écologie politique et les études des sciences et techniques. Latour a ouvert la voie à des réflexions sur les relations entre science, politique et société dans un contexte de crise environnementale. Son dernier ouvrage, Où atterrir ? (2017), questionne la place de l’humanité dans un monde marqué par des bouleversements écologiques, soulignant la nécessité d’une réévaluation de nos modes de vie et de pensée face aux défis contemporains.

Thursday, February 6, 2025

Georges Braque



 


Ce dialogue entre Georges Charbonnier et Georges Braque explore la question de l’art, de la personnalité de l’artiste et de la nature même de la création. Braque critique l’idée de la personnalité comme une entité que l’on cultive ; selon lui, un artiste authentique ne cherche pas à s’affirmer mais à dépasser ses propres limites. Il distingue également le rôle du peintre à la Renaissance, où la représentation d’un sujet primait, et celui du peintre moderne, qui cherche avant tout à exprimer une expérience vécue. L’importance du talent est relativisée : Braque considère que lorsque l’on s’appuie trop sur le talent, c’est souvent pour masquer un manque d’imagination. L’artiste moderne, selon lui, ne cherche pas tant à être compris qu’à questionner, à douter, et à faire émerger une tension entre la pensée et l’acte créatif. L’échange approfondit aussi la notion de sujet en peinture. Pour Braque, tout tableau a un sujet, mais ce dernier ne doit pas nécessairement être anecdotique. Il insiste sur l’importance des rapports entre les objets et l’espace entre eux, ce qui constitue l’essence même de la composition. La liberté en art, pour lui, ne signifie pas l’absence de règles mais la capacité à se libérer des automatismes. Il critique ainsi l’approche des surréalistes, qu’il perçoit comme enfermés dans une réaction systématique plutôt qu’une véritable spontanéité. L’artiste ne doit pas non plus se soucier des conséquences de son œuvre, car l’art, par sa nature même, s’infiltre dans tous les aspects de la vie, souvent de manière imprévisible. Enfin, Braque distingue radicalement l’approche scientifique de l’approche artistique. Là où la science repose sur la répétition et la prévisibilité, l’art se nourrit de l’accident et de l’inattendu. Il compare ce processus à la construction d’un bateau : au départ, le navire et son support se développent ensemble, mais dès que le bateau est prêt, il se détache et devient autonome. De même, un tableau, une fois achevé, doit exister par lui-même, indépendant de l’idée initiale qui l’a inspiré. Pour Braque, c’est cette tension entre la conception et l’exécution qui donne vie à l’œuvre d’art.

Wednesday, February 5, 2025

Moet Je Beleggen In Goud?



Goud als veilige haven en beleggingsinstrument. Goud wordt vaak gezien als een veilige haven in tijden van economische onzekerheid, inflatie en geopolitieke spanningen. De huidige recordprijzen van goud en zilver komen voort uit factoren zoals rentebesluiten, wereldwijde conflicten en de aankomende Amerikaanse verkiezingen. Opvallend bij goud is dat stijgende prijzen vaak leiden tot een nog grotere vraag, in tegenstelling tot andere beleggingen waarbij beleggers afwachtender worden. Volgens Marleen Evertsz, CEO van Gold Republic, speelt edelmetaal een cruciale rol als verzekering op cashposities. Hoe groter het vermogen, hoe belangrijker het is om een deel in fysiek goud of zilver te beleggen. Fysiek edelmetaal heeft een unieke waarde, los van het financiële systeem, en wordt door landen zoals Rusland en China in toenemende mate opgekocht als strategische reserve. Technologie en kunstmatige intelligentie veranderen ook de financiële markten. AI maakt financiële dienstverlening efficiënter en toegankelijker, maar roept ook ethische vragen op over werkgelegenheid en marktdynamiek. Cryptovaluta, zoals Bitcoin, worden vaak vergeleken met digitaal goud, maar verschillen fundamenteel door hun volatiliteit en reguleringsuitdagingen. Voor beleggers blijft diversificatie essentieel. Hoewel goud een stabiel lange-termijninstrument is, blijft de markt onvoorspelbaar. Evertsz benadrukt dat ze zelf een brede beleggingsstrategie volgt, met een mix van edelmetalen, vastgoed, aandelen en obligaties. Goud blijft een fundament in financiële zekerheid, vooral in tijden van onzekerheid.