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Tuesday, February 11, 2025

La recherche à l' œuvre








Au début du XIVe siècle, sur la rive gauche de la Seine à Paris, le quartier latin s’anime autour de la rue des libraires. Les artisans du livre – parcheminiers, relieurs, enlumineurs – y œuvrent avec minutie. Un maître enlumineur, absorbé par son travail, illustre une bible commandée par un riche collectionneur. Dans la lumière vacillante de sa bougie, il s’apprête à représenter la création du monde sur quelques centimètres de parchemin. L’enluminure médiévale est plus qu’une simple illustration : elle dialogue avec le texte et transcende le récit. Isabelle Marchesin, historienne de l’art, scrute ces images depuis plus de vingt ans. Elle cherche à comprendre ce qu’elles racontent au-delà du visible, explorant leur construction et leur sens profond. Marchesin analyse les enluminures sous l’angle de l’ontologie, c’est-à-dire l’étude des choses en tant qu’elles sont. En examinant une bible médiévale, elle observe un cercle bicolore illustrant la création : une moitié noire, l’autre blanche. Ce choix artistique interroge le texte biblique et sa représentation de la lumière comme principe fondamental. Plus loin dans le manuscrit, un autre cercle, entouré de couleurs symboliques, représente la Terre et ses éléments. Cette distinction entre la lumière primordiale (lux) et la lumière rayonnante (lumen) révèle la complexité des concepts médiévaux sur le monde et l’univers. Grâce à ces observations, Marchesin et son équipe élaborent un lexique en ligne qui relie les œuvres entre elles selon leurs motifs, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives sur l’art médiéval. La recherche de Marchesin ne se limite pas à la contemplation des images ; elle repose sur des hypothèses audacieuses et des heures de travail rigoureux. Elle explore notamment comment la saturation des couleurs dans les enluminures pourrait refléter la spiritualité des personnages ou des objets représentés. Son enthousiasme pour la découverte scientifique est palpable : chaque révélation est un moment d’émotion intense, marquant un jalon dans sa compréhension du monde médiéval. Ce travail exige patience et persévérance, car comparer des œuvres, établir des connexions et valider des intuitions demande du temps. Pourtant, c’est précisément dans ces instants de révélation que réside la magie de sa discipline. L’attrait de Marchesin pour l’iconographie médiévale remonte à son enfance, nourri par des images comme celle de Roland brandissant Durandal. Elle se souvient avec émotion du moment où elle a compris que certaines enluminures intégraient la dimension du son et de l’oralité, reliant texte et image dans une unité cohérente. Son travail, animé par une quête de compréhension globale, vise à tisser des liens entre les éléments épars du passé. Grâce à son projet numérique, elle espère offrir au public un accès inédit à ces trésors visuels, permettant à chacun de s’immerger dans l’univers fascinant des images médiévales et de percer les mystères de leur signification profonde.

Friday, February 7, 2025

Penser le droit à la ville






 
Henri Lefebvre a marqué la pensée urbaine et sociale du XXe siècle. Initialement proche du Parti communiste et du surréalisme, il s’est progressivement éloigné du stalinisme tout en restant ancré dans une analyse marxiste des rapports sociaux. Son ouvrage Le Droit à la Ville, publié en 1968, demeure une référence incontournable pour les urbanistes et architectes du monde entier, influençant particulièrement les chercheurs en Amérique du Nord et du Sud. Professeur à Nanterre en 1968, il a contribué à la critique des villes productivistes et technocratiques, dénonçant la ségrégation spatiale imposée aux classes populaires par l’urbanisme moderne. Il perçoit la ville comme un espace de rencontres, de contestation et de pouvoir, une dynamique mise à mal par l’éloignement des classes populaires vers des ensembles standardisés et éloignés des centres urbains. Dans les années 1960-1970, la France a entrepris un vaste programme de résorption de l’habitat insalubre, donnant naissance aux grands ensembles, souvent relégués en périphérie et mal desservis. Lefebvre souligne alors un paradoxe : bien que les classes populaires gagnent en confort, elles perdent leur influence et leur droit à la centralité urbaine. Il identifie une tendance mondiale d’urbanisation effrénée menant à la dissolution des villes traditionnelles, autrefois lieux de convergence, de décision et d’échange. Son concept de « droit à la ville » ne se limite pas au logement, mais revendique la participation active des citoyens à la fabrique urbaine. Cette critique prend encore plus de sens aujourd’hui, alors que les acteurs économiques et les grandes entreprises jouent un rôle croissant dans la planification des métropoles, au détriment des pouvoirs publics et des habitants. Face à la métropolisation et à l’expansion urbaine, la question de la place des classes populaires dans la ville reste centrale. Pour éviter leur exclusion, il est essentiel de préserver et moderniser le logement social, garantissant ainsi un accès équitable aux centres urbains. En parallèle, la tendance à la privatisation croissante de l’espace public menace la diversité et la spontanéité des villes, transformées en simples lieux de consommation. L’étude récente de l’Ifop révélant un lien entre éloignement des gares et vote pour l’extrême droite illustre bien ce phénomène : l’exclusion physique des centres urbains entraîne un sentiment d’isolement et de déclassement. Le Grand Paris Express représente une opportunité pour reconnecter ces territoires, mais le projet global du Grand Paris manque encore d’une gouvernance démocratique transparente. Enfin, les architectes, autrefois figures influentes du débat public, voient leur rôle fragilisé par la concentration des agences et leur dépendance croissante aux acteurs privés. La disparition de nombreuses petites agences et la soumission aux grands groupes réduisent leur marge de manœuvre et leur capacité à penser une ville plus inclusive. Cette tendance favorise l’uniformisation des espaces urbains et l’effacement progressif de l’espace public. La question centrale reste donc : comment réaffirmer une urbanisation démocratique qui préserve la diversité et l’accessibilité des villes, en garantissant à tous un véritable droit à la ville ?





Saturday, February 1, 2025

Fanny Ardant LAPIEZA 1973






Après des études en sciences politiques, elle se tourne vers le théâtre, puis se fait remarquer à la télévision dans Les Dames de la côte (1979). Son ascension fulgurante commence lorsqu’elle rencontre François Truffaut, qui lui offre son premier grand rôle dans La Femme d’à côté (1981) aux côtés de Gérard Depardieu. Leur relation dépasse le cadre du cinéma : ils vivent une intense histoire d’amour jusqu’au décès du cinéaste en 1984. Ardant s’impose comme une actrice incontournable, enchaînant des collaborations avec Resnais, Scola, Téchiné et Garrel. Son jeu oscille entre élégance et passion, et elle excelle dans les rôles de femmes fortes, mélancoliques ou tragiques. Dans les années 2000, elle diversifie ses choix, travaillant avec des cinéastes comme François Ozon (8 femmes, 2002) et Paolo Sorrentino (Il Divo, 2008). Elle passe également derrière la caméra avec Cendres et sang (2009), affirmant son talent de réalisatrice. Si plusieurs de ses performances restent mémorables, son rôle le plus emblématique demeure La Femme d’à côté (1981). Son duo avec Gérard Depardieu, dans ce drame amoureux intense, est une leçon de cinéma. Ardant y incarne une femme consumée par la passion et la jalousie, oscillant entre force et vulnérabilité. Son regard ardent et sa diction impeccable donnent au film une tension inoubliable. Ce rôle a non seulement marqué sa carrière mais a aussi scellé son statut d’icône du cinéma français.

Spinoza aujourd'hui




 


Ce dialogue, issu d’une émission de France Culture, explore la pensée de Spinoza et son impact sur la philosophie contemporaine. D’anarbib, maître de conférences et spécialiste de Spinoza, éclaire l'œuvre du philosophe, notamment son approche du salut, de la joie et du déterminisme. Spinoza critique les passions humaines, en particulier les désirs éphémères tels que l’argent, les honneurs et le plaisir charnel, qu'il considère comme des sources de servitude plutôt que d’épanouissement. Il conçoit un idéal de liberté fondé sur la connaissance et la compréhension rationnelle de notre place dans la nature, rejetant l'idée d'un Dieu anthropomorphe au profit d'une nature infinie et immanente. L'émission explore également l'excommunication de Spinoza en 1656 par la communauté juive d'Amsterdam. Trois hypothèses sont avancées : ses fréquentations jugées douteuses, des différends économiques ou ses idées philosophiques déjà en rupture avec les dogmes religieux. Spinoza considère que l’homme est soumis à ses passions et n'agit pas librement selon un libre arbitre absolu. La vraie liberté ne se trouve que dans la compréhension rationnelle du monde et dans l’émancipation des illusions religieuses et sociales. L'émission souligne ainsi la difficulté et la complexité de son œuvre, qui fascine encore aujourd’hui par son ambition de réconcilier l’humain avec une vision déterministe et rationnelle de l’univers. La romancière Catherine Cusset rejoint la discussion en mettant en parallèle la philosophie de Spinoza avec les passions humaines qu’elle explore dans ses romans. Elle évoque notamment la jalousie et la mélancolie, deux émotions que Spinoza analyse comme des passions tristes entravant la liberté intérieure. L’écrivain et le philosophe se rejoignent dans leur quête de compréhension des affections humaines et de leur impact sur nos vies. Cusset illustre également la quête de liberté politique et existentielle à travers son roman Un brillant avenir, qui met en scène une famille roumaine fuyant la dictature. Le débat s’élargit ainsi à la question de la liberté individuelle et sociale, Spinoza insistant sur la nécessité d’un État régulant les passions humaines pour garantir la stabilité et la coopération entre les individus. Enfin, l’émission aborde des aspects plus légers, comme la radinerie, explorée dans un roman de Cusset, et qui est rapprochée de la notion d’"avaritia" chez Spinoza. Loin d’être anodine, cette attitude traduit une peur de la perte et une difficulté à s’ouvrir au monde, s’opposant ainsi à la joie véritable prônée par le philosophe. Spinoza, en déconstruisant les illusions humaines, cherche à nous libérer de ces entraves en nous proposant une forme de sagesse fondée sur la raison et l’acceptation du réel. Cet échange entre philosophie et littérature met en lumière l'actualité de Spinoza et la manière dont ses idées continuent d’interroger nos existences et nos rapports aux émotions, aux croyances et à la liberté.

Wednesday, December 25, 2024

Dis, quand reviendras-tu ?


Voilà combien de jours, voilà combien de nuits
Voilà combien de temps que tu es reparti
Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage
Pour nos cœurs déchirés, c'est le dernier naufrage
Au printemps, tu verras, je serai de retour
Le printemps, c'est joli pour se parler d'amour
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris
Et déambulerons dans les rues de Paris
Dis, quand reviendras-tu
Dis, au moins le sais-tu
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus
Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois
A voir Paris si beau dans cette fin d'automne
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne
Ton image me hante, je te parle tout bas
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi
Dis, quand reviendras-tu
Dis, au moins le sais-tu
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus
J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour
Si tu ne comprend pas qu'il te faut revenir
Je ferai de nous deux, mes plus beaux souvenirs

Saturday, December 14, 2024

Apprendre à maîtriser son cerveau


Sama Karaki, docteure en neurosciences, invite à reconsidérer la quête de la "meilleure version de soi". Selon elle, s'améliorer ne devrait pas obéir à des normes extérieures, mais découler d'un désir intrinsèque de progression. Cette quête, souvent encouragée par les industries du bien-être et de la beauté, repose parfois sur des logiques de performance et de distinction sociale. En critiquant le rôle du capitalisme, elle explique que même les luttes anticapitalistes peuvent finir par alimenter ce système, notamment par la marchandisation du développement personnel. Stress, anxiété et la notion de "prédateur invisible".Sama Karaki explique que le cerveau réagit au stress psychologique de la même manière qu'à une agression physique. Le corps se met en alerte (cœur qui bat plus vite, transpiration), et la simple réduction des symptômes ne suffit pas. Elle utilise la métaphore du "prédateur" invisible : se réfugier dans des distractions ou des drogues récréatives apaise l'anxiété, mais ne fait pas disparaître la cause du stress. Sama insiste sur l'importance d'identifier "qui tire sur le ressort" de notre stress, soulignant que ces causes sont souvent des pressions externes, sociales et systémiques. L’intelligence n’est pas un don inné, mais un potentiel modulé par l’environnement. Sama Karaki critique l'idée du "génie" et de la "méritocratie", expliquant que la réussite dépend de nombreux déterminismes sociaux (milieu, éducation, réseau). Le QI, souvent présenté comme un test d'intelligence absolu, ne mesure que l'adaptation à un environnement donné. Elle rejette l'idée que le succès provienne uniquement du travail ou du "talent", car ces notions occultent le rôle du contexte. La plasticité cérébrale permet au cerveau de se reconfigurer en fonction des apprentissages, mais cette capacité est souvent exagérée dans les discours de coaching. Pour Sama, le progrès repose sur la pratique, l'erreur et la persévérance. Plutôt que de chercher à "libérer le potentiel du cerveau", elle préconise d’accepter d'être mauvais au début, puis de progresser graduellement. Cette approche rejette l'idée du "talent inné" et valorise la patience et la répétition. En somme, Sama Karaki nous incite à déconstruire les mythes du mérite, de la performance et de la "meilleure version de soi". Pour elle, le travail sur soi passe par l’acceptation de l’imperfection et par une meilleure compréhension des déterminismes sociaux et environnementaux qui nous influencent.

Thursday, December 12, 2024

Les artistes et la Côte d'Azur



La Côte d'Azur, située dans le sud-est de la France, est célèbre pour ses paysages mêlant mer et montagne, sa lumière unique et son atmosphère chaleureuse. Cette région a séduit de nombreux artistes dès la fin du 19e et surtout au 20e siècle. Des peintres comme Pablo Picasso, Henri Matisse et Marc Chagall y ont trouvé refuge et inspiration. Picasso, d'origine espagnole, s'y est installé pour fuir le climat gris de Paris. Installé à Mougins, il peignait dans l'anonymat de son atelier, capturant la beauté de la mer Méditerranée et des villages environnants. De son côté, Marc Chagall a vécu 20 ans à Saint-Paul-de-Vence, où il a immortalisé la quiétude du village dans ses œuvres. Quant à Henri Matisse, il a fait de Nice sa maison, fasciné par la lumière éclatante et les couleurs vives qui se reflétaient dans ses tableaux. La Côte d'Azur n’a pas seulement inspiré les peintres. Des écrivains comme James Baldwin ont également succombé à son charme. L’auteur américain s’est installé à Saint-Paul-de-Vence, où il organisait des dîners festifs avec des personnalités comme Nina Simone et Miles Davis. Françoise Sagan a aussi immortalisé la Côte d’Azur dans son roman Bonjour tristesse, où elle raconte les tourments d’une jeune fille face à la transition de l’adolescence à l’âge adulte, sur fond de paysages méditerranéens. Si la Côte d’Azur reste aujourd'hui un lieu prisé par les touristes et les grandes fortunes, l'ambiance bohème et artistique semble avoir évolué. Le charme intime d'autrefois a laissé place à un espace plus touristique, plus cher et plus densément peuplé. Néanmoins, les visiteurs continuent de rechercher l’atmosphère mythique décrite par les artistes. Les villages de l’arrière-pays, comme Mougins et Saint-Paul-de-Vence, offrent encore une part de cette magie, surtout en dehors de la haute saison touristique. Pour les amateurs de littérature, Bonjour tristesse reste une lecture incontournable pour découvrir l’esprit de la Côte d’Azur des années 50, un témoignage d'une époque où la région était encore un havre de tranquillité.

Sunday, December 8, 2024

Trouver un Appartement



Violaine et Nathan annoncent un grand changement : ils déménagent dans une nouvelle ville en France. Après des mois de réflexion et de discrétion, ils confirment que tout est enfin officiel. Ce déménagement marque une étape importante de leur vie personnelle et professionnelle. Cependant, le suspense est maintenu, car ils ne dévoilent le nom de la ville qu'à la fin de l'épisode. Les auditeurs sont invités à deviner la destination grâce à des indices donnés au fil de la discussion. Le cœur de l’épisode est centré sur la recherche de logement, un sujet qui concerne de nombreuses personnes. Violaine et Nathan partagent leur expérience de la location d’un appartement, un processus qui leur a pris environ un mois. Pour cela, ils se sont appuyés sur "Le Bon Coin", un site très populaire en France. Ils expliquent comment utiliser la plateforme : sélectionner des filtres, chercher des annonces, et contacter les propriétaires. Leur récit met en lumière les étapes essentielles de la recherche, de la première visite jusqu'à la signature du bail et la remise des clés. Au-delà de leur histoire personnelle, l'épisode se veut utile et pratique. Les auditeurs découvrent des conseils pour trouver un logement en France : où chercher, comment négocier le loyer, et quelles difficultés anticiper. Violaine et Nathan insistent sur la différence entre la location et l'achat, même si certains points communs existent. Ce format mêle information et divertissement, avec un jeu interactif pour deviner leur nouvelle ville, rendant l’épisode à la fois instructif et ludique.

Wednesday, December 4, 2024

Pourquoi tombe-t-on amoureux ?


Les oiseaux peuvent-ils ressentir l’amour tel que nous le concevons ? Cette question, inspirée par l’observation d’un couple de moineaux revenant fidèlement chaque printemps, interroge la nature des liens entre ces animaux. Si ce couple est effectivement le même d’année en année, un attachement durable pourrait exister, bien que l’amour, dans son acception humaine, reste peut-être réservé à notre espèce. Chez l’humain, l’amour peut prendre diverses formes et se manifester de différentes manières, selon les attentes sociales ou personnelles : chercher un partenaire pour fonder une famille, un compagnon pour partager le quotidien ou un amant pour combler des désirs. Historiquement, la perception de l’amour a évolué. Au Moyen Âge chrétien, l’amour passionnel était séparé du mariage, ce dernier étant davantage un contrat social qu’un lien affectif. L’Église elle-même, bien qu’opposée à l’amour comme fondement du mariage, jouait paradoxalement un rôle dans la facilitation des rencontres et des émotions intenses, notamment à travers des lieux de rassemblement. Cette dissociation montre que l’amour tel que nous le connaissons aujourd’hui – fusionnant passion et engagement – n’a pas toujours été une norme. Sur le plan biologique, des émotions comme la peur ou le stress peuvent favoriser l’attachement, en créant un besoin de réconfort. Cela a été particulièrement visible durant des crises comme la pandémie de COVID-19, où des contextes de vulnérabilité ont renforcé les liens amoureux. Ce phénomène s’explique en partie par des molécules comme la dopamine, qui stimule le plaisir et la motivation, et l’ocytocine, qui renforce l’attachement. Ces mécanismes biologiques, observables également chez des oiseaux monogames, montrent des similitudes frappantes entre espèces, les séparations provoquant chez eux un stress mesurable, même hors des périodes de reproduction. Cependant, une forme d’amour semble unique à l’être humain : l’amour social. Capables de sacrifices altruistes pour des individus non apparentés, nous transcendent les simples instincts biologiques. Ainsi, bien que les oiseaux puissent manifester un attachement profond, la complexité de l’amour humain – combinant biologie, émotions et construction sociale – demeure une énigme fascinante et une singularité de notre espèce.

Tuesday, December 3, 2024

Sexualité et contraception




La quatrième édition de l'enquête Inserm sur la sexualité des Français révèle des évolutions majeures : les rapports sexuels sont moins fréquents mais plus satisfaisants, l'usage du préservatif recule, tandis que le stérilet rivalise désormais avec la pilule comme méthode contraceptive. Ces transformations, influencées par une autonomie croissante des femmes, reflètent un renouvellement des normes et des pratiques intimes depuis les années 70, époque où la contraception féminine s'est imposée avec l'arrivée de la pilule. Si celle-ci a permis une émancipation relative, elle a aussi renforcé la centralité de la pénétration dans les scripts sexuels, souvent centrés sur le plaisir masculin. La contraception demeure largement une charge féminine, bien que des méthodes masculines comme la vasectomie ou des dispositifs thermiques gagnent lentement en visibilité. Par ailleurs, les méthodes naturelles, appuyées par des technologies numériques, séduisent certaines femmes, bien qu'elles nécessitent une rigueur difficilement compatible avec des modes de vie variés. Malgré une diversification des pratiques, les scripts sexuels restent marqués par des inégalités de genre, renforcées par des attentes culturelles genrées et une éducation sexuelle encore insuffisamment orientée vers le consentement et le plaisir. Les rapports de pouvoir entre hommes et femmes continuent d'imprégner la sexualité, même si des avancées permettent aujourd’hui de repenser les responsabilités contraceptives dans une perspective plus équitable, offrant ainsi de nouvelles possibilités aux couples et aux individus désireux de partager cette charge.

Monday, March 13, 2023

Si je m'écoutais vraiment




Si je m'écoutais vraiment
Je ferais tomber les clés
Déserterais la ville
J'irais perdre mon temps
Au profit de l'exil
Je ne tomberais pas d'amour
Pour toutes les actrices
Je ferais moins de détours
Et paraitrais moins lisse
Je m'appellerais fumée
Je m'appellerais nuage
Je délaisserais mon nom
Et j'oublierais mon âge
Si je m'écoutais vraiment
J'irais fouler les toits
Là bas au bord du monde
Je rendrais mes contrats
Et je cloperais des blondes
J'évacuerais la toile
À l'aune d'un glacis
Et je mettrais les voiles
Sans aucun préavis
Je ferais pousser ma barbe
Les cheveux aux épaules
Je n'aurais pas d'enfant
Je perdrais le contrôle
Si je m'écoutais vraiment
Je trouverais le silence
Au cœur du bruit des hommes
Je me joindrais à la danse
Au long du Tibre à Rome
Je gouacherais les arbres
Et les vignes du sud
Le claquement des haubans
D'une autre latitude
Je m'éterniserais
Face au Komorebi
Écrire sur un carnet
Et à coté l'ennui
Si je m'écoutais vraiment

Tuesday, January 24, 2023

Jonathan Personne - Un homme sans visage


Un homme sans visage, brûlé par le feuÀ la peau fondu comme un ciergeIl posa sa main où était autrefoisÉrigé un nez fier et droit
Tu crois que c'était beaucoup mieux avantTu n'avais pas plus de visage Tu crois que tu aimerais revenir comme avantTu n'avais pas plus de visage 
La dernière image partie en fuméeNe restera qu'un souvenir vagueCherchant à revoir quelque part dans son coeurUn feu qui brûlerait mieux ailleurs
Tu crois que c'était beaucoup mieux avantTu n'avais pas plus de visageTu crois que tu aimerais revenir comme avantTu n'avais pas plus de visage
Un homme sans visage qui ne verra jamais le visage devant soiUn homme sans visage qui ne verra jamais le visage devant soiUn homme sans visage qui ne verra jamais le visage devant soiUn homme sans visage qui ne verra jamais le visage devant soi
Le visage devant soiLe visage devant soiLe visage devant soiLe visage devant soi


Un hombre sin rostro, quemado por el fuego
La piel se derritió como una vela
Puso su mano donde una vez estuvo
Erigida una nariz orgullosa y recta
Crees que era mucho mejor antes
ya no tenia cara
Crees que te gustaría volver como antes
ya no tenia cara
La última imagen se convirtió en humo.
Solo quedará un vago recuerdo
Buscando ver de nuevo en algún lugar de su corazón
Un fuego que ardería mejor en otro lugar
Crees que era mucho mejor antes
ya no tenia cara
Crees que te gustaría volver como antes
ya no tenia cara
Un hombre sin rostro que nunca verá la cara frente a él.
Un hombre sin rostro que nunca verá la cara frente a él.
Un hombre sin rostro que nunca verá la cara frente a él.
Un hombre sin rostro que nunca verá la cara frente a él.
La cara frente a ti
La cara frente a ti
La cara frente a ti
La cara frente a ti